En vrac

La vie de tous les jours…

la vie de tous les jours

Il pleut ! une petite pluie fine mais tenace..Un vrai temps de Toussaint. Bonne excuse pour ne rien faire ou presque. J’en profite pour mater la télé à m’en faire exploser les globes oculaires, (les séries turques sous-titrées sont décidément géniales pour apprendre le serbe !), pour aller dans des endroits proches qui m’intéressent mais qui, en général, n’intéressent personne, et pour tenter de discuter de sujets sur lesquels je me pose des questions.

Hier, j’ai visité le cimetière. J’adore les cimetières. Je trouve qu’on y apprend beaucoup. Dans tous les pays où je vais, je visite un cimetière. En France aussi. Les cimetières et les monuments aux morts des différentes guerres, moi, ça me fascine. (je suis un peu bizarre, non ?) Pas très loin de l’endroit où j’habite pour l’instant, j’ai repéré le cimetière, alors, hop !

J’ai discuté aussi avec un employé municipal à propos des poubelles (vaste sujet), et puis hier matin je suis allée me faire tester pour le Covid…

Le cimetière

Sur toutes les tombes, le portrait des « défunts ». En couple, en général, et selon les dates, des ornements différents. Toussaint n’est pas férié ici. Ici, tu bosses du matin au soir, tous les jours de la semaine. (A titre d’exemple, le fils de Zlatomir bosse ses quarante heures par semaine et gagne 220 euros par mois. La notion de salaire minimum n’a effleuré personne ici. Même dans le BTP, même pour les gros chantiers routiers, le dimanche, ça n’existe pas, on bosse. Seuls les supermarchés sont fermés.)

Donc, le cimetière…Je croyais que j’allais voir des tombes fleuries pour l’occasion. Eh ben non. Sur les tombes, des fausses fleurs, aux étonnantes couleurs, vendues dans des kiosques à l’entrée du cimetière. Délire visuel.

Les poubelles

Je suis revenue en faisant le tour du cimetière, des rues sans asphalte, des ornières, des flaques, des poubelles. Ici, les poubelles, c’est comme en France dans les années 60. Les gens jettent tout, n’importe où, en vrac. On oublie le tri évidemment. Que le sac poubelle arrive presque dans le bac, c’est déjà une sorte de miracle. Du déchet, y en a partout. Dans les moindres recoins, des déchets. Parfois même, juste à côté du bac. Du plastique, des sacs plastiques, encore des sacs plastiques, des bouteilles en plastique, des bouts de meubles, et encore du plastique, des emballages en tout genre…

« propreté de Podgorica
Les bacs sont presque vides

Pour illustrer, le jour du fameux « concours de chiens », il y avait UN carton pour jeter les déchets de 200 personnes. J’y ai scrupuleusement jeté mes mégots et mon papier gras de repas. Las, pour découvrir le carton, quelques heures plus tard, jeté dans la haie à côté de la salle.

Les déchets, y en a tellement, qu’au début, j’ai cru qu’il n’y avait pas de ramassage des poubelles. Mais si. Donc hier, un employé municipal, trainant sa poubelle à roulette ramassait des trucs en bord de route. Je l’ai abordé et on a discuté un peu. Le tonneau des Danaïdes, son job. J’ai suggéré que peut-être, les générations d’enfants qui sont à l’école allaient apprendre qu’on ne fout pas tout n’importe où. Il m’a vite détrompée. Le plus drôle, c’est que certains bacs ont été offerts par l’UE, et que le Monténégro, en 2006, a inscrit dans sa constitution qu’il était un État écologique (et moi, je suis Monica Bellucci)

(ouaip, parmi les mots que j’ai appris figurent « déchets » et « bac poubelle ». J’ai une notion très sélective de l’apprentissage d’une langue. De même, je sais dire « cimetière », sanglier » , « cerf » ou encore « brosse à ongles ». Les mots pas très utiles et difficiles à replacer dans une conversation courante me rentrent immédiatement dans la tête, va savoir pourquoi…)

Gros rhume

Depuis trois ou quatre jours, une espèce de rhume, suivi par une toux désagréable, un mal de tronche continu et cette nuit de la fièvre. Tout cela accompagné d’une sinusite carabinée, rendant la station horizontale très inconfortable. La femme de Zlatomir était super inquiète. Elle m’a sorti le thermomètre.

Je suis allée promener le chien, avec la tête cotonneuse, sous la bruine. En rentrant, j’ai proposé posément d’aller faire un test, histoire qu’on soit fixé. J’ai essayé de les rassurer.

Vu le taux d’incidence et l’absence totale de précautions générales, il n’était pas complètement improbable que je me sois fait véroler. Mais comme je suis une fille optimiste je me suis dit qu’au pire ça ressemblerait à une grippe désagréable.

Il faut dire qu’ici ça ne s’améliore pas.

990 cas pour 100000 h aujourd’hui.

Zlatomir m’a fait grimper dans sa voiture avant que j’aie le temps de dire « ouf », on a attendu au moins deux minutes avant qu’un employé du labo nous fasse entrer. Côté écouvillons, avec ce que j’en avais entendu dire, je m’attendais à un truc terrible, mais j’ai à peine senti quelque chose.

Tout ça a été tellement rapide que j’ai même pas eu le temps de faire une photo. Une heure plus tard, on a rappelé le labo, et voilà.

Du coup on a bu DEUX rakija pour fêter ça. Mais bon, j’ai toujours le rhume et la tronche façon œuf dur.

J’ai emménagé ce soir dans ma nouvelle… heu… maison (?). J’vous raconte ça dans un prochain billet… Ça vaut le coup. La météo prévoit cinq jours de grosse pluie. Le Monténégro peut donc aussi ressembler à la Normandie. Pas de rando, pas d’escapade, coucouche panier, papattes en rond, j’ soigne mon virus.

Publié par l'excédée

aquarelle, jardinage, David Austen, Yourcenar, Marc Aurèle, Rome, bidouilles, semis, camping sauvage, france culture, art nouveau, de stijl, Silverberg, escapades, récup', Gudrun Sjoden.

2 commentaires sur « En vrac »

  1. Le cimetière … euh, lieu insolite pour le tourisme. Mais à bien y réfléchir c’est un reflet sociétal. Une étoile « frappée » d’un marteau et d’une faucille… c’est dire beaucoup. Un engagement, une conviction jusqu’à la mort. La taille des pierres tombales m’a également impressionnée. Du massif, du carré, des angles droits… Seule personnalisation finalement c’est les photos (avec semble-t-il une retouche pour ajouter une coiffe noire). Ce qui détonne fortement avec les pots de fleurs hyper colorées plastico-flashy.
    Quant à ton gros rhume, prends soin de toi !

    J’aime

  2. J’ai habité pendant cinq ans en face du cimetière de Montreuil (93), la grande baie vitrée m’offrait une vue imprenable. Pleins d’ avantages : c’est fleuri, les voisins d’en face n’écoutent pas de musique jusqu’à pas d’heure, pas de vis-à-vis, pas besoin de mettre des rideaux, les maisons d’en face font 30 cm de haut, t’as de la lumière chez toi.

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :