Joca Đukić

Nooooooon, ce n’est pas le nom d’une villa de Tito, ni d’un village où serait érigé un spomenik grandiose. C’est le nom d’une Bosnienne.

Là, petite pause explicative… Bosnien, c’est valable pour tous les habitants de la Bosnie. Les habitants de la Bosnie sont des Bosniens, voilà c’est comme ça. Qu’ils soient Serbes, Croates ou Musulmans, qu’ils habitent la « Federacija Bosne i Hercegovine » ou la « Republika Srpska« . Ils sont BOS-NIENS.

Les Bosniaques sont les musulmans de Bosnie. Donc, si tu dis à un Serbe de Banja Luka qu’il est Bosniaque, c’est un peu comme si tu disais à l’évêque de Lisieux qu’il est imam. Ça ne va pas, tu passes pour un gros blaireau.

Fin de la petite pause.

Pendant mon tour en Bosnie, j’avais prévu de dormir aux environs de Šipovo (chipovo). Le matin, j’étais allée à l’ hôtel du Mont Igman et l’après-midi je m’étais achevée avec la villa Kupres en caracolant à travers bois, j’avais besoin non seulement d’une rakija réparatrice mais encore d’un endroit pour dormir.

Šipovo

J’avais réservé le truc le moins cher possible , soit 25 BAM, (12 euros à la louche) et qui accepte les chiens (Kip en l’occurrence).

Et c’est comme ça qu’ à quelques kilomètres de Šipovo, je suis arrivée là :

Une espèce de bar-guinguette, avec plein de tables en bois à l’extérieur et un appentis incroyable, tout ça au bord d’une rivière où les truites semblent abonder.

Le bric à brac de l’appentis

Sauf que le bar à cette saison est fermé, j’étais donc la seule « cliente ».

La propriétaire de cette espèce de paradis, c’était Joca (prononcer Yotsa)…

On a commencé par boire un café. Après elle a sorti la rakija. Et on a continué à parler, parler, parler. Elle parlait bien lentement, et quand je n’ arrivais plus ni à parler ni à comprendre, on dégainait notre google-traduc.

Quatre rakija plus tard, j’ai titubé dignement jusqu’ au premier étage pour découvrir ma chambre, et Joca est partie chez elle me préparer un repas. Deux truites pêchées là, des pommes de terre avec des feuilles de blettes du jardin et du pain maison évidemment. C’est tout juste si Joca ne m’a pas levé les filets des truites… et on a parlé, parlé, parlé. Des hommes, des enfants, des siens et des miens. Des légumes qui poussent dans le potager. De la Bosnie, des rapports entre les Serbes et les Bosniaques, de la guerre de Bosnie, même.

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izvor Plive : source de la Pliva
Vue du balcon de ma chambre.

On a bu encore un café et on a encore bu de la rakija. SA rakija, évidemment, faite avec les fruits du verger. On a parlé du coût de la vie, des prix qui augmentent, de la future crise économique, du Covid, de l’état des routes et de la corruption.

Là, j’ai décidé de m’arrêter au retour, quelques jours plus tard, pour manger et dormir à nouveau chez Joca.

Et je suis partie me coucher. Il tombait un mélange de pluie et de neige. Puis seulement de la neige. Puis beaucoup de neige. Et… puis, ça a été tout noir (coupure de courant).

J’ai rajouté un pull, gardé mes chaussettes en laine, (le chauffage électrique ne fonctionnant justement pas en cas de coupure de courant).

Juste avant la coupure d’électricité…

Le matin, c’était plutôt enneigé, et il n’y avait toujours pas d’électricité. Joca est arrivée, elle était désolée, on n’a pas bu de café.

Il a bien fallu que je parte, j’avais pas mal de route… de toute façon, j’allais revenir quatre jours plus tard.

Je suis partie SANS avoir bu de café en direction de Kozarac.

Quatre jours plus tard, je suis revenue. Joca a insisté pour laver mon linge. J’ai bien senti que refuser c’était l’offenser. On a échangé nos numéros et depuis on s’envoie des petits messages.

Y a pas que les spomeniks dans la vie…

Publié par l'excédée

aquarelle, jardinage, David Austen, Yourcenar, Marc Aurèle, Rome, bidouilles, semis, camping sauvage, france culture, art nouveau, de stijl, Silverberg, escapades, récup', Gudrun Sjoden.

9 commentaires sur « Joca Đukić »

    1. Alors la rakija, c’est le terme générique : alcool de fruits (entre 40 et 60 degrés) donc : poire, pomme, coing, prune (dans ce cas c’est la slivovica) mais aussi à la figue, ou en fait n’importe quel ingrédient de base qui peut fermenter. Si c’est du raisin, ça titre à 60 en général et ça s’appelle Loza et alors là, c’est du sérieux.

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  1. Çà c’est ce qu’on appelle des « rencontres en or », bien loin des hôtels Ibis pour touristes short-casquette qui voyagent en autocar. Je t’ai battu de peu, j’ai eu une chambre à Umoljani via airbnb pour 10€! Pour un accueil hors de prix, tellement c’était sincère et chaleureux.
    Et pour la rakija, j’espère qu’ils en font de la bonne au Monténégro! Ça se rapproche!

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