Budva/ Bukumirsko

Contraires ou opposés ?

Il y a deux Monténégro, contraires, opposés.

La côte maritime et le reste. Le Monténégro qui a vendu son âme au tourisme, celui qui la conserve encore. (Beaucoup, souvent, et même farouchement ! )

J’ai peu fréquenté la côte. Il y a quelques années, j’ai évidemment longé les « bouches de Kotor » et la ville éponyme, un passage rapide à Tivat, peut-être, c’était sur la route. La côte est ravagée par les immeubles, hôtels, resorts, résidences. Les baies sont rares et bétonnées, les plages étroites. Alors les immeubles grimpent sur la montagne, toujours plus hauts, toujours plus haut, envahissent, défigurent.

(Le Lac de Skadar est quasiment désert même en été, l’eau y est à 26, 27 degrés, alors pourquoi s’agglutiner sur la côte…)

Le reste du Monténégro, c’est de la montagne. Des barres de montagnes, trouées par des canyons OU des barres de montagnes séparées par des vallées glaciaires OU des barres de montagnes séparées par une pseudo plaine fluviale. T’as le choix.

Enfin, non, t’as pas le choix. Au Monténégro, tu montes et tu descends dix fois, vingt fois, trente fois pour aller d’un endroit à un autre.

montagnes noires, je vous dis !

Dimanche, je suis allée à Budva, ville côtière, histoire d’être bien sûre que je n’avais pas été trop sévère dans mes appréciations. Mardi, je suis allée au lac Bukurmisko… contraires ET opposés.

Dimanche. Budva.

Bêtement attirée par une « vieille ville » vantée sur le web, et la promesse d’ une plage sauvage « mogren beach », me voilà partie assez tôt.

Il faisait beau, c’était dimanche. Je n’avais pas mis de robe blanche. J’eus dû, il faisait 30°. Au début, j’ai cru que le thermomètre vert clignotant de la pharmacie se plantait. Non, celui de la bagnole affichait 30 aussi. A dix heures du matin.

En descendant vers Budva, j’ai compris que c’était encore pire que je ne l’avais imaginé. Des immeubles à perte de vue, des panneaux de mises en vente, des immeubles en construction, des grues, des grosses artères : Leucate, la Grande Motte, Malaga, même combat ! Des magasins, des yachts, des bateaux-promenades, des bars hyper snobs, des restos hors de prix pour le pays, des hôtels 5 étoiles, des boutiques de luxe, même DES POUBELLES clean, bien rangées sans rien à côté, des corbeilles dans la rue pour jeter ses papiers, pas un détritus sur les pelouses, des armées de balayeurs. MONACO !

Les deux photos ci-dessous ne sont pas de moi.

J’ai foncé vers la vieille ville. Minuscule, vraiment minuscule. A la louche, vingt rues, des maisons en pierres, et 125 boutiques de souvenirs. (fermées, on est dimanche). Comme on est hors-saison, la vieille ville était presque déserte. J’ai galéré pour trouver un morceau de rue qui donne envie à quelqu’un d’y aller. J’ai pris aussi deux photos de la vieille ville, d’un peu plus loin, en faisant très gaffe au cadrage, une dernière de l’eau de mer translucide aux abords de Mogren Beach.

(Moi aussi, je peux prendre des photos trompeuses pour les offices de tourisme…Sur google si on cherche Budva, on ne voit QUE la vieille ville, il faut descendre en bas de page pour commencer à voir les mochetés architecturales du cru…)

J’ai fait un tour à « Mogren Beach » 80 mètres de littoral accessible uniquement à pied par une espèce de chemin bétonné d’un mètre de large, surplombé par du roc.. Impossible d’y mettre un hôtel dans ces conditions (ouf !). C’est à 200 m de la vieille ville. J’ai encore triché pour la photo.

J’ai bu un café (2,30 euros!). J’ai sauté dans la bagnole. A 13 heures j’étais rentrée.

Coup d’épée dans l’eau de mer.

Bukumirsko Jezero

A une heure trente qu’ils disaient google maps et tom-tom réunis. En fait, j’ai mis, certes , 1 h 45 pour en revenir mais au moins 2h 30 pour y monter. 45 km en 2heures 30.

Ça commence à monter, et puis ça monte, ça ne fait presque que ça. Les trois-quarts de la route sont en bon état, plus que corrects. Le dernier quart est comme d’habitude, étroit, très étroit, et comme disait Philippe : « la chute est mauvaise ». J’ai donc passé mon dernier quart de trajet, fesses serrées, abdos contractés, et à la limite du stress. Je déteste conduire en montagne. Je ne sais pas faire.

J’ai croisé en tout et pour tout cinq 4X4, ça donne une idée.

Donc, 45 km de lacets, en troisième et en seconde (parfois même en première dans les lacets épingle-à-cheveux en montée, en seconde le moteur fait cracracra comme si ça allait caler). Au maximum, une ligne droite de deux cents mètres. Conditions un peu éprouvantes pour moi, j’avoue.

Évidemment, cerise sur le gâteau, l’écran tactile du tomtom est tombé en rade. Et ô surprise, pour la première fois, aucun réseau téléphonique ou internet. A mi-chemin, j’ai continué sans trop savoir où j’en étais de mon Golgotha. Je me suis dit 50 fois que si je tombais en panne, j’étais pas sortie de l’auberge.

MAIS ALORS des paysages, nom de d’là ! De la steppe, puis de la taïga, de la pierraille, de la forêt de feuillus enflammée par l’automne. Une vue plongeante (plonge pas trop, Marcelle) ou au contraire des barrières de rocs, des vaches qui broutent ce qu’elles trouvent, des rochers, des pierres, une troupe de chevaux en liberté aussi, des katuns (sorte d’habitat d’estive).

Après, ça montait trop raide et trop étroit, je ne pouvais plus m’arrêter…

Allez hop, les chevaux.

Le lac de Bukumirsko, j’y suis finalement arrivée. (au passage, la recherche maps de Google, offre des photos bien représentatives de cet endroit).

Quand la route est devenue une piste un peu trop caillouteuse, je me suis garée (dans le bon sens pour repartir) et j’ai fini à pied. Une crevaison, ça aurait été bêta. J’ai pris mon petit pic-nic, seule avec le chien, pas âme qui vive. Assez impressionnant.

il est pas mignon, le petit potager ?
il paraît que l’été il y a un peu de monde…

Aujourd’hui, je prépare mon incursion dans le grand nord. Deux ou trois jours dans le parc national du Durmitor. Ça rigole plus. Des sommets à plus de 2300m. et des lacs de glaciers, en veux-tu en voilà…Pas vraiment la bonne saison pour rester plus longtemps, j’avoue, mais j’y retournerai sans doute au printemps. Quand on aime, on ne compte pas.

Publié par l'excédée

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3 commentaires sur « Budva/ Bukumirsko »

  1. Des paysages magnifiques. De nombreux plans d’eau, comme j’aime. Bon pour profiter, il y a du dénivelé. Là c’est moins drôle. Un slogan dit « la montagne, ça vous gagne. » Je changerais la formule (beaucoup moins commerciale) : « La montagne, ça se mérite. »

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