En vrac (2)

La voiture, les routes, les trains…

les barrières sont raccourcies

La pluie rend impossible toute escapade, promenade, randonnée, sortie. La pluie et l’état des routes, la boue. Sans pouvoir rivaliser avec la Bosnie (hors-concours !), le Monténégro se pose un peu là, quand même… le réseau secondaire est… euh…très secondaire. Il n’est pas ou n’est plus. Il a dû être. Il y a longtemps. Donc parfois, à force de rapiécer, il n’y a plus un centimètre carré du bitume originel. Les plus vieux morceaux s’émiettent (?) et t’as un trou dont il est difficile d’estimer la profondeur, qui par temps de pluie se remplit d’eau, de terre, de boue et se creuse encore.

Rouler après la tombée de la nuit, c’est à éviter, d’autant que les chantiers ne sont évidemment pas signalés, même pas au début, par une pauvre lumière orange. Rien. Il y a bien des bandes rouges et blanches, mais elles ne sont pas réfléchissantes.

Les cinq photos ont été prises ce matin sur la route (?) qui va à Danilovgrad. Tu te farcis quinze bornes comme ça et tu as l’impression de terminer le Paris-Dakar version humide quand, enfin, tu arrives.

Avant de partir j’ai acheté un GPS, mes souvenirs d’Albanie rendaient la chose nécessaire. Ici, je me suis trouvée embarquée 15 fois sur des itinéraires tellement défoncés, que j’ai vérifié que je ne m’étais pas trompée en entrant la destination. Ben non, pas d’erreur, ah ptain, qu’est-ce que ça doit être au Kosovo …J’ attendrai des jours meilleurs pour aller vérifier, tiens…

Tu piges pourquoi dans ce pays s’alignent les Vukanizer, les garages spécialisés « amortizer », les stations de lavage de bagnoles. Attention, c’est quelqu’un qui lave ta voiture, ce n’est pas du self-service… De même quand tu vas faire le plein. S’il y a trois pompes, il y a trois employés qui s’empressent.

MAIS, il a été entrepris d’importants travaux routiers. Les travaux, ici, c’est pas comme en France, je l’ai déjà dit, c’est 7 jours sur 7. Pas de tronçons de travaux, nan, des km et des km non revêtus sur lesquels tout le monde roule à 20 à l’heure, en tentant d’éviter les ornières, les trous remplis de boue, en se croisant au mieux, c’est à dire en forçant celui qui est en face à se ranger.  » à la dégonflette », le plus souvent.

Dimanche matin

Travaux routiers, donc. Sauf que si l’engin de chantier est en train de travailler à cet endroit-là, eh bien tout le monde s’arrête et attend. Pas de circulation alternée ou autres niaiseries de ce genre. Tu attends gentiment que le monsieur-qui-a-un-énorme-Caterpilar-avec une-pelle-monstrueuse ait terminé. Nerveux ou pressés s’abstenir.

d’ailleurs, ils y vont à pied…

Comme les routes sont…ce qu’elles sont, il y a toujours des trains qui circulent, en assez grand nombre, train de voyageurs et beaucoup de trains de marchandises. Avec un réseau secondaire encore assez développé, Il y a donc en toute logique, pas mal de passages à niveau. C’est là que ça devient rigolo. A qui perd-gagne (pas).

J’avais remarqué cela en promenant le chien à pied, là où j’habitais la semaine dernière. Près du passage à niveau, j’entends un train qui arrive, les voitures continuent à traverser, les barrières sont levées, le feu est éteint. Le conducteur du train flanque un grand coup de sirène… et basta !

Une autre fois, le feu rouge clignote, on ne sait pas si le train est passé, les barrières sont abaissées, MAIS, elles ont partout été judicieusement « raccourcies », ce qui fait qu’on fait comme si de rien n’était. Parce qu’une fois le train passé, de toute façon, ça reste abaissé, ça clignote toujours, du coup tout le monde klaxonne et double en traversant la voie. C’est un coup à prendre, cette traversée des voies…en espérant que le train soit passé, évidemment.

Le véhicule jaune qui était derrière la noire qui est arrêtée, la double, franchit le passage à niveau, du coup, la noire y va aussi et moi, ben je me fais klaxonner…et j’y vais aussi.

Demain, s’il fait beau, un tour à Budva que je ne connais pas.

Publié par l'excédée

aquarelle, jardinage, David Austen, Yourcenar, Marc Aurèle, Rome, bidouilles, semis, camping sauvage, france culture, art nouveau, de stijl, Silverberg, escapades, récup', Gudrun Sjoden.

4 commentaires sur « En vrac (2) »

  1. On ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. Ce pays a les défauts de ses qualités. C’est le bordel, le foutoir, la vie quotidienne peut sembler bizarre et difficile pour nous (ici, ils disent que je suis une femme « de l’Ouest »). La vie est rude. Y a de la débrouille, rien n’est aux normes. D’ailleurs, y a pas vraiment de normes ou s’il y en a, on réussit à amadouer celui qui est chargé de les faire appliquer. Mais il y a des endroits splendides, grandioses, les gens sont plutôt gentils et accueillants, les fruits ont du goût. On se chauffe à la cuisinière à bois, on mange la viande du cochon tué à la ferme (tout le monde dans son village a un cochon), fumé sur place, la couverture 4G est meilleure que dans la Creuse. Rien n’est lisse ici, c’est rugueux. Je ne pourrais pas vivre là toute l’année, mais quelques mois par an, oui. Ça me change de l’ambiance policée et hyper réglementée de l’union européenne. Comme les fruits, ici, la vie a du goût, de la consistance, mais faut mâcher. J’ai encore des dents pour le faire.

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